LANCEMENT DU PROJET TALENT AFRICAINS A L’INTERNATIONAL (TAI)

DECLARATION DE DAKAR

« La promotion de l’emploi des jeunes par le secteur privé africain fer de lance du développement national et continental »

Au regard de l’importance du rôle important du secteur privé africain dans le développement national et du continent africain, une mission du Réseau des Organismes de Promotion des Exportations de l’UEMOA (ROPC-UEMOA) pour la sous-région de l’Afrique de l’Ouest s’est rendue à Dakar en vue de procéder au lancement du Projet Talents Africains à l’International (TAI) au Sénégal.

La cérémonie de lancement s’est tenue ce jour 07 juin 2021 dans les locaux de l’Agence Sénégalaise de Promotion des Exportations (ASEPEX) et a été relayée virtuellement par la Plateforme en ligne de l’Institut Africain des Politiques Commerciales (IAPC) afin de permettre aux étudiants, aux jeunes et à toutes les parties prenantes Ouest-Africaines de se connecter et de prendre part aux échanges.

Ce projet a reçu l’appui de la France, à travers son organisme Business France, ainsi que par le Centre du commerce international (ITC/CCI).

Les ministères en charge du commerce, des PME, de l’emploi des jeunes, de la formation professionnelle et du secteur privé ont également apporté leur appui institutionnel au bon déroulement de la mission Les représentants des Commissions de l’UEMOA et de la CEDEAO, ainsi que le Centre Africain d’Etudes Supérieures en Gestion (CESAG) ont également été associes à la préparation et au déroulement de la Mission.

Conscients de La place et du rôle du secteur privé africain

Le secteur privé africain a toujours été à l’avant-garde des efforts en vue d’améliorer sa compétitivité, d’accroître la gamme de produits et services offerts, de promouvoir la recherche et l’innovation, ainsi que de créer des emplois.

conscients du rôle prééminent de l’Etat dans la mise en œuvre des actions visées pour la promotion et la résilience du secteur privé et dans l’employabilité des jeunes, il est nécessaire d’instaurer une « nouvelle vision institutionnelle » destinée à rationaliser les actions de promotion de l’emploi des jeunes, sur les plans national et régional.

L’objectif étant de faire en sorte que tout ce qui favorise et renforce l’entreprise et l’emploi soit mis en œuvre en relation avec tous les partenaires sociaux et les forces vives de la sous-région de l’UEMOA et du continent de manière générale.

Reconnaissant la place, le rôle et les attentes des femmes et de la jeunesse

Le Projet TAI s’insère dans une politique globale et harmonieuse, déclinée à travers les projets de développements nationaux et régionaux l’Afrique. Il s’agira de leur reconnaitre cette place, de mieux les utiliser et de procéder aux arbitrages et allocations de ressources nécessaires à la promotion de l’emploi des Jeunes d’Afrique. Ce qui en ferait, grâce au commerce au sein du marché commun incarné par la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), de puissants moyens de génération et de multiplication de valeur ajoutée, donc de richesse au profit de la Nation, donc  du secteur privé , des Femmes, des Jeunes !

REAFFIRMANT LA NECESSITE DE partenariats pour faciliter la mise en œuvre du Projet TAI


Outre les Organismes de Promotions des Exportations qui font un travail considérable pour concrétiser la mise en œuvre du Projet, plusieurs partenaires au développement joignent également leurs efforts à ceux du réseau pour appuyer le chantier de l’emploi des jeunes par le biais du commerce.

Le Projet TAI s’engage à entreprendre des actions destinées, notamment aux domaines suivants : (i) le programme d’autonomisation économique des jeunes, un appui aux organisations professionnelles travaillant à la promotion des jeunes ; (ii) un programme de formation à l’exportation pour les jeunes et le secteur privé africain en relation avec la ZLECAf.

Sous le bénéfice de ce contexte positif et prometteur, de ce « cercle vertueux » déjà en mouvement, la « Déclaration de Dakar » promeut les actions suivantes et invite à redoubler d’efforts et de réussir ce « pari audacieux » de la promotion de l’emploi et de l’employabilité des jeunes au Sénégal et dans l’espace UEMOA, voire au sein du marché commun africain.

Les Partenaires du Projet TAI, sont invités à la mobilisation accrue des efforts en ce sens, en particulier : (i) les gouvernements ; (ii) le secteur privé ; (iii) les partenaires techniques et financiers (PTF); (iv) les banques et établissements de crédit ; (v) les institutions d’appui au commerce et au secteur privé ; (vi) les structures de soutien et de promotion des Femmes et des Jeunes ; (vii) les institutions du monde académique et des organismes spécialisés dans la formation professionnelle et technique.

Les mesures suivantes ont été identifiées comme « étant au cœur » de l’action, de la promotion et de la résilience du secteur privé et de la promotion de l’emploi et des Jeunes, notamment :

  • Mettre en œuvre les mesures de soutien au secteur privé et visant à supprimer les obstacles au commerce, à l’investissement et à l’industrialisation ;
  • Elaborer un cadre stratégique et opérationnel spécifique aux Jeunes à travers une « Stratégie TAI-secteur privé avec comme axes : 
  • (i) a mise en place de mécanismes souples de promotion de l’emploi des jeunes, en particulier à travers la création d’un fonds d’appui et d’accompagnement pour l’emploi des Jeunes ;
    • (ii) la poursuite des efforts en vue de disposer d’un Cadre permanent de concertation autour des modalités de promotion et d’emploi des jeunes notamment en ce qui concerne la dimension genre ;
    • (iii) la promotion de la culture d’entreprise et de la créativité  des Jeunes, comme ils sont su le faire et l’amplifier lors de la pandémie du covid 19, qui a vu un essor quasi inédit du génie créatif et technologique des jeunes africains;
    • (iv) la création et l’accompagnement de « Champions » du secteur privé et qui vont procéder à la spécialisation des jeunes par produits, par services, par régions et par secteurs de l’économie nationale ;
    • (v) l’accompagnement du secteur privé dans la quête de nouveaux espaces et marchés, tout en également les inviter à sceller des partenariats, alliances et fusions idoines avec leurs partenaires africains, voire étrangers issus de pays tiers, afin de créer les bases d’un commerce sain, solidaire et promoteur d’emplois en faveur des jeunes ;
  • Elaborer un Programme d’information, d’éducation et de communication (IEC) en direction du secteur privé ouest africain concernant le contenu, les défis et les opportunités du Projet TAI, en particulier au niveau des PMEs pour sensibiliser, informer et engager le secteur privé africain dans l’élaboration et la mise en œuvre des actions de promotions de l’emploi des jeunes et à tous les niveaux (national, régional, continental et multilatéral) ;
  • Appuyer la mise en place d’un « Corps de Volontaires Africains à l’International (VAI-TAI) », avec pour objectif majeur de « booster » l’employabilité et la promotion des Jeunes ;
  • Développer des programmes d’assistance technique et financière destinés à fournir au secteur privé des moyens supplémentaires lui permettant d’accroitre ces efforts en vue de promouvoir l’emploi des jeunes, notamment dans le cadre de la promotion du commerce électronique et des techniques de l’information et de la communication (TIC) ;
  • Promouvoir la création d’emplois dédiés à l’accroissement des exportations par le secteur privé ouest africain, notamment vers le marché commun africain initié par la ZLECAf ;
  • Promouvoir la mobilité et l’employabilité des jeunes et leur permettre de se doter de capacités, de moyens techniques et financiers et les pousser à l’entreprenariat dans la conquête des opportunités du marché commun africain ;
  • Analyser, synthétiser et diffuser des informations sur les questions relatives à la mobilité et l’employabilité des jeunes en Afrique de l’ouest et dans la ZLECAf ;
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Procédures D’alerte Au Sein De La ZLECAF: Le Secteur Privé Sénégalais Préparé À Mieux Les Connaitre

Une session de formation pour favoriser l’appropriation par le secteur privé des instruments de mise en œuvre est ouverte, ce lundi 31 mai 2021, au Centre Internationale d’Echanges et de Commerce du Sénégal (CICES) de Dakar. (Avec Afrikbeakingnews)

Le ministre du Commerce et des PME, Aminata Assome Diatta, a incité les bénéficiaires à tirer profit des opportunités de la ZLECAF en se préparant à mieux connaitre les procédures d’alerte sur les obstacles et menaces qui peuvent entraver le bon fonctionnement de leurs secteurs dans le cadre leurs activités commerciales à travers ce grand marché continental.

Dans le cadre de la mise de l’Accord portant création de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF), les chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union Africaine avaient recommandé aux Etats d’élaborer des stratégies nationales ZLECAF.   Dr Fallou Samb a souligné qu’au Sénégal, avec l’appui de la Commission Economique de l’Afrique (CEA) représenté ici par Dr Souleymane Abdallah, a développé sa stratégie pour la mise en œuvre de la ZLECAF. Il a rappelé que la ZLECAF est lancée au sommet de l’Union Africaine de Niamey en 2019 avec l’ambition de stimuler, d’intensifier le commerce intra-africain et de promouvoir l’industrialisation.

La SN-ZLECAF, soutient le ministre du Commerce et des PME qui présidait l’ouverture officielle de ladite formation, a pour objectifs d’augmenter le volume des exportations sénégalaises vers l’Afrique et de consolider sa présence sur le marché africain estimé à 1,3 milliard de consommateurs.

Considéré comme fer de lance de la phase opérationnelle de la SN-ZLECAF, le secteur privé a bénéficié d’une formation sur les outils de mise en œuvre de la ZLECAF afin de lui faciliter l’appropriation de cet Accord. Au-delà de les imprégner à travers des actions de sensibilisation, indique le professeur Fallou Samb, il s’agit d’amener les acteurs dudit secteur à intégrer l’utilisation des instruments de mise en œuvre de la ZLECAF, essentiels pour leurs permettre non seulement de saisir les opportunités qu’offre ce vaste espace de libre échange. Egalement, il s’agit de leur fournir les moyens techniques afin d’alerter contre les menaces et obstacles qui peuvent subvenir au courant de cette phase opérationnelle.

Parmi les outils techniques de facilitation des échanges ou d’alerte contre des pratiques anticoncurrentielles figurent les règles d’origines qui sont un ensemble de critères permettant de définir la nationalité d’un produit et engendrer l’octroi des préférences tarifaires dans les pays cosignataires où se produit est importé. Il y a aussi le mécanisme d’alerte et d’élimination des obstacles (BNT) ; c’est un mécanisme qui permet aux opérateurs économiques de déposer une plainte concernant un obstacle rencontré au cours du processus de transport transfrontalier de biens et services.

Cette session de renforcement de capacités a permis de présenter le programme de mise à niveau destiné aux entreprises et acteurs impactés par l’ouverture après la transmission de la liste commune de concessions tarifaires de la CEDEAO dans le cadre des négociations ZLECAF. Ainsi énumérés, les différents aspects ont fait l’objet de formations spécifiques à l’endroit du secteur privé sur une période de trois jours, du 31 mai au 02 juin 2021, afin de mieux les préparer aux échanges commerciaux dans le cadre de la ZLECAF.

Par Cheikh Seck NDONG

Images et vidéos: Mohamed FICOU

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Le thème de la Journée mondiale des droits des consommateurs 2021 : « Lutter contre la pollution plastique. »

Consumers International a dévoilé le thème de la Journée mondiale des droits des consommateurs qui aura lieu 15 mars 2021. Il s’agit de « Lutter contre la pollution plastique. » Cette campagne sensibilisera et incitera les consommateurs du monde entier à adopter et promouvoir des habitudes de consommation plus durables. Prolongeant le thème de la journée de l’année dernière, « Le consommateur durable, » la campagne soulignera aussi le rôle central que les défenseurs des consommateurs, les gouvernements et les entreprises peuvent jouer pour lutter contre la pollution plastique, qui est un problème mondial.

À propos du thème

Le plastique est un matériau très utile au quotidien, mais notre consommation et notre production de plastique, en particulier de plastique à usage unique, sont devenues insoutenables. Cela impacte négativement nos écosystèmes, entraînant des dégradations de l’environnement, notamment une pollution régionale et internationale, et menace la santé humaine.
Publié en août 2020, le rapport de The Pew Charitable Trusts et SYSTEMIQ, Briser la vague de plastique, estime que le flux de matières plastiques dans les océans va tripler d’ici 2040, sans changements politiques majeurs, innovations et évolution des comportements. La lutte contre la pollution plastique est un problème mondial qui nécessite des solutions coordonnées et internationales. En tant que fédération mondiale des associations de consommateurs, nous pouvons jouer un rôle essentiel dans la lutte contre ce fléau et dans la promotion de la consommation et de la production de plastiques durables.


– D’ici 2050, on estime qu’il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans.
– 100 000 mammifères marins et tortues, et 1 million d’oiseaux de mer, sont tués chaque année par la pollution plastique marine.
– On estime que la quantité de plastique pénétrant chaque année dans les océans est de 8 millions de tonnes.
– Le plastique à usage unique représente 50 % du plastique produit chaque année.
– La moitié du plastique fabriqué depuis son invention l’a été au cours des 15 dernières années.
– 40 % du plastique produit l’est pour un emballage qui est jeté après une utilisation.


Les consommateurs sont de plus en plus concernés par la pollution plastique et passent déjà à l’action. Une étude mondiale réalisée en 2019 constate une forte réaction des consommateurs face aux déchets plastiques (82 % des personnes interrogées utilisent des ustensiles de nettoyage réutilisables plutôt que leur équivalent en plastique à usage unique, 72 % apportent des sacs réutilisables quand ils vont en course et 62 % utilisent des bouteilles rechargeables). Et malgré l’utilisation accrue de plastique à usage unique pendant la pandémie, 55 % des consommateurs de la planète sont plus soucieux de l’environnement grâce à la COVID-19 et près de 74 % d’entre eux (en Europe, aux États-Unis et en Amérique du Sud) sont prêts à dépenser plus pour des emballages écologiques.

Un changement structurel des lieux de vente est nécessaire à tous les niveaux, des gouvernements aux entreprises en passant par les organismes de normalisation, pour que la lutte contre la pollution plastique et la consommation durable soient un choix évident pour les consommateurs.

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Mme Okonjo-Iweala, Directrice générale: l’OMC peut parvenir à des réformes si les Membres “acceptent que nous puissions faire les choses différemment”

S’adressant au Conseil général de l’OMC dès son entrée en fonction le 1er mars, la Directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala a appelé les Membres à “faire les choses différemment” afin de mener à bien les réformes nécessaires pour que l’OMC conserve sa pertinence, en commençant par prendre des actions rapides en vue de réduire les subventions à la pêche préjudiciables, et de contribuer à accroître la production et la distribution des vaccins contre la COVID-19. La nouvelle cheffe de l’OMC a noté que les grandes attentes suscitées par son mandat ne pourraient être satisfaites que si les Membres étaient disposés à faire des compromis et à conclure des accords.

Selon Mme Okonjo-Iweala, les perspectives de réussite de la douzième Conférence ministérielle seraient meilleures si les Membres se fixaient un nombre gérable de résultats concrets pour cette année et mettaient en place des programmes de travail à plus long terme pour traiter les questions qu’il serait irréaliste de vouloir régler pour cette échéance.

Ses remarques complètes figurent ci-dessous:

Monsieur le Président,

Excellences, Mesdames et Messieurs, bonjour. Je suis ravie d’être avec vous à Genève, même si les circonstances ne nous permettent pas encore de nous réunir tous dans la même salle. Permettez-moi tout d’abord d’exprimer ma gratitude à notre Président, M. l’Ambassadeur Walker, au nouveau Président entrant, M. Dacio Castillo, et à M. l’Ambassadeur Aspelund, pour leur travail acharné et la persévérance dont ils ont fait preuve pour m’amener jusqu’ici.

Alors que je prends mes fonctions de Directrice générale, je tiens à vous remercier une fois de plus, vous les Membres, pour les messages de sympathie et de soutien que beaucoup d’entre vous ont exprimés il y a deux semaines lorsque vous avez écrit l’histoire en m’élisant. Le grand nombre de délégations (91 au total) qui se sont exprimées est sans précédent et témoigne du désir de tous de prendre un nouveau départ.

Permettez-moi de remercier tout particulièrement les quatre directeurs généraux adjoints, MM. Yonov Agah, Karl Bruner, Alan Wolff et Yi Xiaozhun, pour avoir tenu le fort avec compétence depuis septembre. Je sais que cela n’a pas été facile. Permettez-moi également de remercier la direction et le personnel du Secrétariat pour leur accueil chaleureux, leur enthousiasme et leur désir de voir les choses se faire différemment.

Je suis honorée et touchée par la confiance que les Membres m’ont accordée. J’apporterai toutes mes connaissances, ma passion, mon expérience et ma persévérance à la tâche qui m’est confiée, en réformant l’Organisation et en obtenant des résultats.

Je suis consciente que les attentes sont grandes et je ferai tout mon possible pour nous permettre d’aller de l’avant. Toutefois, comme il s’agit d’une organisation conduite par ses Membres, je ne peux pas le faire sans vous, je ne peux pas le faire sans la coopération du personnel et de la direction. Nous sommes engagés dans un partenariat tripartite. Chaque partenaire doit jouer son rôle si nous voulons obtenir des résultats. Les grandes attentes à l’égard de mon leadership veulent dire aussi que j’attends beaucoup de vous pour m’aider à obtenir des résultats.

Je l’ai déjà dit. On ne peut pas continuer comme si de rien n’était. Nous devons changer notre approche et passer du débat et des séries de questions à l’obtention de résultats. Excellences, beaucoup d’entre vous consacrent de longues heures et de grands efforts pour faire du bon travail, qui passe largement inaperçu. Il y a dans les capitales des personnes extrêmement qualifiées qui font du bon travail. Nous disposons d’un personnel talentueux au sein du Secrétariat. Mais le monde n’en est plus conscient, ne reconnaît pas l’effort accompli, car nous ne produisons pas de résultats au rythme requis par notre environnement en rapide évolution. La semaine dernière au CNC, plusieurs ambassadeurs ont déclaré que vous, Excellences, parliez dans le vide. Vous ne vous parlez pas entre vous. Cela doit changer. Nous avons des comptes à rendre avant tout aux personnes que notre mission ici est de servir — les femmes et les hommes ordinaires, nos enfants qui espèrent que notre travail ici pour soutenir le système commercial multilatéral entraînera un changement notable dans leur existence, améliorera leur niveau de vie et créera des emplois décents pour ceux qui cherchent du travail.

Excellences, venant de l’extérieur, j’ai remarqué que le monde a un temps d’avance sur l’OMC. Les dirigeants et les décideurs sont impatients de voir les choses changer. Plusieurs Ministres du commerce m’ont dit que si les choses ne changeaient pas, ils ne participeraient plus à la Conférence ministérielle parce que c’était une perte de temps. J’ai remarqué que de plus en plus de travaux qui devraient être faits et de décisions qui devraient être prises à l’OMC le sont ailleurs parce qu’il y a une perte de confiance croissante dans la capacité de l’Organisation à produire des résultats. Mais il y a de l’espoir. Si nous acceptons tous que nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était, nous commencerons à mettre en place les conditions de la réussite.

Il y a quelques jours, j’ai écouté attentivement, pendant 6 heures, les 56 déclarations des délégations au CNC et j’ai relevé les priorités qui revenaient le plus souvent. Elles étaient pratiquement identiques aux priorités que j’ai exposées dans mon discours d’acceptation il y a deux semaines. Les délégations souhaitent que l’OMC contribue de manière plus significative et plus rapide à la résolution de la pandémie de COVID-19, tant en ce qui concerne la crise de santé publique que la reprise économique. Les délégations veulent que les négociations sur les subventions à la pêche aboutissent, elles veulent une réforme du système de règlement des différends, y compris le rétablissement de l’Organe d’appel. Elles veulent des mesures en ce qui concerne l’agriculture, l’accès aux marchés, le soutien interne, les mandats existants relatifs par exemple à la détention de stocks publics, au MSS et au coton. Elles veulent également des avancées sur les subventions industrielles aux entreprises d’État et sur le traitement spécial et différencié. Sans négliger les questions soulevées concernant le statut juridique des Initiatives liées aux Déclarations conjointes, les délégations souhaitent que des progrès soient réalisés en la matière, en particulier en ce qui concerne le commerce électronique, la réglementation intérieure dans le domaine des services, la facilitation de l’investissement et les MPME. On constate un désir de renforcer le dialogue et l’action s’agissant des femmes dans le commerce. Les délégations reconnaissent que la question du commerce et de l’environnement/du changement climatique est essentielle et souhaitent que des progrès soient réalisés en la matière. Les pays les moins avancés ont mis l’accent sur des questions présentant un intérêt spécifique pour eux et qui permettraient de renforcer leur croissance et leur développement, notamment la nécessité d’un traitement spécial et différencié, d’une dérogation pour les services, de règles d’origine préférentielles, etc. et aussi sur l’examen des questions liées au changement de catégorie. Les petites économies vulnérables (PEV) ont souligné la nécessité de prêter attention à leur vulnérabilité et à leur statut spécial. Pratiquement toutes les délégations ont mentionné l’urgence et l’importance de la douzième Conférence ministérielle et dit que tout ce qui a été entrepris devrait être achevé à la CM12 ou avant celle-ci en décembre. La CM12 nous fixe une échéance, mais je tiens à mettre en garde contre une surenchère des attentes pour la Conférence. Nous voulons la recette du succès, pas un échec. Par conséquent, nous devons travailler dur pour obtenir quelques résultats concrets avant la CM12, afin que les Ministres puissent se concentrer sur la ratification des accords et se mettre d’accord sur les meilleures méthodes de mise en œuvre. À cet égard, nous devons donner la priorité à l’action sur la COVID-19, tant dans l’immédiat qu’à plus long terme, et nous concentrer sur l’achèvement des négociations concernant les subventions à la pêche avant le milieu de l’année. Nous devons convenir de la feuille de route pour la réforme du système de règlement des différends et préparer un programme de travail pour y parvenir, qui pourra être approuvé lors de la CM12. En ce qui concerne l’agriculture, nous devons identifier les quelques éléments sur lesquels nous pouvons aboutir, tels que les subventions à la pêche, la MSS, le coton et la dérogation humanitaire pour le PAM, qui est essentielle pour les économies des îles du Pacifique, comme nous l’avons entendu il y a quelques jours. Nous devons proposer un programme de travail sur les subventions, tant pour le soutien interne que pour les subventions industrielles, qui pourra être adopté à la CM12. Nous devons affiner notre approche du TSD en gardant à l’esprit à quel point cela est crucial pour la marge de manœuvre des pays les moins avancés en particulier. Pour le reste, examinons les travaux sur le commerce électronique, la facilitation de l’investissement, la réglementation intérieure dans le domaine des services, les MPME, les femmes et le commerce, et la question des liens entre commerce et climat pour voir sur quels aspects de ces importants programmes de travail nous pourrons avancer à la CM12. En bref, je propose que nous déterminions trois ou quatre résultats clairs à atteindre avant la CM12 et, pour le reste, des programmes de travail à adopter lors de la Conférence.

Permettez-moi, Mesdames et Messieurs, de consacrer un tout petit peu de temps à la COVID-19. Nous avons une demande de dérogation à l’Accord sur les ADPIC de la part d’un nombre croissant de pays en développement et le dialogue s’intensifie. Parallèlement, je pense qu’on devrait arriver à faire plusieurs choses à la fois et nous concentrer également sur les besoins immédiats de dizaines de pays pauvres qui n’ont pas encore vacciné une seule personne. Des gens meurent dans les pays pauvres. Nous venons de recevoir notre premier lot dans le cadre du mécanisme COVAX au Ghana la semaine dernière et d’autres suivront, mais ce ne sera pas suffisant. Il y a une grave insuffisance des approvisionnements et certains pays détournent des livraisons du mécanisme COVAX en faisant de la surenchère. Le monde a une capacité normale de production de 3,5 milliards de doses de vaccins et nous cherchons maintenant à en fabriquer 10 milliards. C’est tout simplement très difficile, et nous devons donc nous concentrer dès à présent sur la collaboration avec les entreprises pour ouvrir et autoriser plus de sites de fabrication viables sur les marchés émergents et dans les pays en développement. Nous devons dès à présent les amener à travailler avec nous sur le transfert de savoir-faire et de technologie. Il y aura bientôt une convention mondiale de l’industrie manufacturière où nous pourrons chercher à construire ce partenariat. J’espère également que nous pourrons entamer un dialogue et un échange d’informations entre nous et les représentants des associations de fabricants des pays développés et en développement. Excellences, cela doit se faire sans tarder si nous voulons sauver des vies. Comme je l’ai dit au début de mon allocution, il s’agira d’une solution provisoire pendant que nous poursuivons le dialogue sur la dérogation à l’Accord sur les ADPIC.

Excellences, Mesdames et Messieurs, pardonnez-moi d’avoir été aussi longue, mais nous n’avons pas un instant à perdre et le temps presse. Pour donner le coup d’envoi de cette approche, je propose de vous rencontrer individuellement et en groupes dès cette semaine. Je veux écouter, engager une réflexion, définir comment je peux contribuer à l’obtention des résultats précités. Mon bureau devrait vous contacter prochainement s’il ne l’a pas déjà fait. Permettez-moi de conclure à nouveau en vous remerciant; je me réjouis de collaborer avec vous.

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